Les caresses avant les caresses

Il y a quelques années, ma chérie me disait être étonnée de l’effet que lui faisait une simple de mes caresses sur l’épaule. C’est là que j’ai réalisé le principe des caresses avant les caresses.

Ce n’était pas la caresse qui a suscité le désir de ma partenaire, mais l’atmosphère dans laquelle nous étions. C’est vrai que cela venait en partie de moi, mais pas de ce que je faisais. Pas des techniques de caresses que j’aurai après dans les livres ou stages.

Cela venait de ce que je dégageais parce que j’étais posé, je n’avais pas d’attente, pas de frustration à satisfaire. Oui, j’avais de l’excitation, j’avais envie d’elle mais pas d’agitation mentale. J’étais tranquille, paisible et souriant avec le feu dans le sexe. Elle avait de l’espace. Elle avait du temps. Elle était libre de mon désir. Elle était libre d’écouter son propre désir et de le suivre.

Ma présence était là pour elle, autour d’elle, à l’envelopper d’une douce lumière, d’une douce chaleur pour qu’elle s’abandonne à son désir, à accompagner son excitation se répandre dans tout son être et ouvrir chaque partie de son corps. Pour que, doucement et progressivement, son cœur s’ouvre, ses yeux s’ouvrent, son regard s’ouvre, ses oreilles s’ouvrent, ses narines s’ouvrent, sa bouche s’ouvre, sa langue s’ouvre, ses lèvres s’ouvrent, son menton s’ouvre, son cou s’ouvre, ses épaules s’ouvrent, ses avant-bras s’ouvrent, l’intérieur de ses coudes s’ouvre, ses bras s’ouvrent, ses mains s’ouvrent, les bouts de ses doigts s’ouvrent, les espaces entre les doigts (dont je n’ai pas trouvé le nom) s’ouvrent, les aisselles s’ouvrent, la poitrine s’ouvre, les seins s’ouvrent, les mamelons s’ouvrent, le plexus s’ouvre, le ventre s’ouvre, même le nombril s’ouvre, la vulve s’ouvre, le clitoris s’ouvre, les fesses s’ouvrent, l’anus s’ouvre, les cuisses s’ouvrent, l’arrière des genoux s’ouvre, les mollets s’ouvrent, les chevilles s’ouvrent, la plante des pieds s’ouvre, les espaces délicats entre les orteils s’ouvrent.

Quand tout le corps, tout l’être s’ouvre à la sensibilité, le corps entier est érogène. Il n’y a pas besoin de technique, il n’y a pas de savoir-faire. Tout est poésie. Tout est beauté. Alors le moindre contact, le moindre souffle devient source de délice.