La peur du papillon pour son envol
Dans le milieu du développement personnel et de la spiritualité, j’entends et je lis souvent “la métamorphose du papillon”. La chrysalide qui se transforme pour prendre son envol.
Ayons un peu d’empathie pour le papillon qui sort de sa chrysalide et qui ouvre ses ailes pour la première fois. Mettons-nous quelques instants dans sa peau.
Imagine, tu as passé ta vie en tant que chenille à ramper sur le sol, à sentir du solide sous tes pieds. En plus, les chenilles n’ont pas deux pieds comme les humains, quatre comme les mammifères ou même six comme les insectes. Quand on regarde la chenille, on voit qu’elle a plein de pieds. Donc, chenille, tu as toujours été en contact avec le sol sous tes nombreux pieds.
Quand tu sens un truc dans ton dos, les ailes mais tu ne sais pas ce que c’est vu que c’est la première fois que tu les sens, tu as juste envie de remuer tes épaules. Et là, Baaaam ! Le sol se dérobe sous toi. Parce que pour un observateur, il voit le papillon décoller. Mais pour le papillon, il voit le sol, il sent le sol tomber dans le vide. Qu’est-ce que tu ferais à sa place ? En tout cas, moi j’arrêterais immédiatement de faire le truc qui fait tomber le sol, qui dérobe le solide, les appuis sous mes pieds. Et chaque fois que je laisserai l’envie de remuer les épaules (et les ailes que je ne vois pas), que je m’aperçois que ça fait disparaître la terre sous moi, je stopperai net.
Je chercherai à résoudre ce problème de perte de repères, de perte de l’ancrage au sol, de perte de mes appuis. J’essaierai de trouver un thérapeute pour résoudre ce problème, ce grave problème existentiel. Avec un peu de malchance, j’en trouverai un qui veut bien essayer de me guérir pour que je puisse retrouver ma sécurité, mes repères d’avant. Mais ce n’est pas ce que mon Être désire.
Quand on se sent inspiré, aspiré par une sexualité authentique et sensible,on peut se sentir différent. En décalage avec la société, les publicités, les réseaux sociaux, les films etc.
C’est normal d’avoir peur. C’est normal d’avoir des doutes. C’est normal d’hésiter à suivre son élan intérieur. J’ai hésité tellement de fois. Je me suis perdu tellement de fois. J’ai perdu tellement de temps. Cela m’aurait vraiment aidé d’avoir quelqu’un qui me dise que c’est possible de vivre la sexualité que je ressens. C’est légitime de le vouloir et de l’exprimer. Quelqu’un qui me rassure que c’est la bonne direction même si c’est difficile et compliqué.
Si tu es un papillon qui est sorti de sa chrysalide depuis quelques jours, quelques mois voire quelques années et que tu hésites à t’envoler et à oser ta vérité et à honorer ta liberté …. ce texte est pour toi.
C’est vrai en général, c’est vrai aussi pour les hommes qui perdent leur érection avec leur partenaire, alors que quand ils sont seuls l’érection est bien là.
Ma perspective, c’est que ce sont des chenilles qui sont devenues papillons. Ils avaient l’habitude d’avoir une sexualité classique basée sur le désir et maintenant leur être, leur corps, leur pénis veulent une sexualité connectée, ils veulent faire l’amour. Mais ça fait horriblement peur. C’est une perte totale de repères.
Je vois beaucoup qui cherchent à résoudre ce problème par différentes approches thérapeutiques, qui veulent retrouver leur confiance, sous entendu retrouver qui ils étaient avant. Mais ces thérapeutes entretiennent l’idée que c’est un problème. C’est un obstacle, une difficulté, un mal à soigner. Pour moi, ce n’est pas un problème, c’est une opportunité, une bénédiction.
Ces hommes ont changé mais ils espèrent que non. Ils espèrent que l’homme avec l’érection, la puissance sexuelle qu’ils avaient, qui leur donnait leur valeur d’homme, de mâle est toujours là. Ils préfèrent être des hommes sexuels que des hommes d’amour. Ils préfèrent avoir des relations sexuelles plutôt que de faire réellement l’amour. Dans la sexualité, ils sentaient leur puissance. Dans l’amour ils sentent leur authenticité c’est-à-dire leur vulnérabilité.
Entre sexualité et amour, beaucoup, moi y compris, préférons la sexualité. Entre la puissance et la vulnérabilité, nous préférons la puissance. Sauf que notre être supérieur, notre être amour, a un plus grand dessein pour nous. Ils ne nous laissent pas le choix. Nous pouvons essayer de nous battre, surtout pour les forts et courageux qui n’abandonnent pas et peuvent se battre longtemps. Moi j’ai abandonné depuis longtemps. Je ne me bats plus pour retrouver ma puissance sexuelle. J’écoute les feed back que je manque par moments d’authenticité, de courage d’assumer ma vérité. Étonnamment, quand j’abandonne l’idée d’être un homme puissant sexuellement, j’accueille la puissance de l’amour et l’érection est d’une autre qualité.
Les hommes qui veulent se battre, combattre et vaincre leur impuissance est l’ennemi dont ils sont victimes, ils vont trouver des thérapeutes pour les soigner. Moi, j’accompagne les hommes qui acceptent d’abdiquer devant leur impuissance et la reconnaissent comme le guide vers leur authenticité.
L’impuissance ne montre pas qu’un homme est faible. L’impuissance montre qu’un homme n’arrive pas à être authentique.
Bref, le papillon angoisse à son premier envol. C’est normal. C’est vrai pour les hommes. C’est vrai aussi pour les femmes sous une autre forme … mais ça sera une autre fois.